Fatalité? Non, maladie migraineuse.

MigrainePrenez une marmite en ferraille de taille moyenne, versez quelques gouttes d’huile, déposez délicatement votre cervelle, mouillez avec de l’alcool à 90°, versez le contenu d’un pot de moutarde et portez à ébullition. Saisissez-vous de votre marteau et assenez votre préparation de coups de plus en plus forts. Voilà à peu de choses près ce qui se passe dans la tête de 12% de la population française soit 7 millions d’individus, une à quatre fois par mois durant au moins 24h !

Longtemps perçue comme une excuse permettant toutes les dérobades sociales ou conjugales, l’hémicranie, plus communément appelée migraine, est aujourd’hui reconnue comme maladie par l’ensemble du corps médical. Pourtant une grande partie des malades se soignent encore avec des médicaments en vente libre ou des remèdes traditionnels. De nombreux migraineux, affirme l’OMS, ignorent même qu’ils le sont et qu’ils relèvent d’un traitement médical, simplement parce que le diagnostic n’a jamais été posé. Ce qui est bien dommage car l’arrivée sur le marché, depuis une décennie, des triptans (médicaments délivrés sur prescription médicale et agissant en deux heures maximum) a permis de soulager nombre de patients. On distingue aujourd’hui cinq familles issues de cette molécule (sumatriptan, zolmitriptan, naratriptan, élétriptan, almotriptan) auxquelles chaque patient répond de manière différente. Il faut donc parfois en tester plusieurs pour trouver la spécialité adaptée à chacun. Les triptans sont ce que l’on appelle des agonistes de la sérotonine, une substance chimique qui joue le rôle de médiateur entre les cellules nerveuses. En se fixant sur certaines catégories de récepteurs de la sérotonine, les triptans entraînent un rétrécissement des vaisseaux présents dans les méninges et empêchent ainsi la libération de substances “algogènes”, qui provoquent la douleur. Comme tout médicament, les triptans sont accompagnés de contre indications et d’eventuels effets secondaires qu’il ne faut pas négliger, mais leur efficacité restent néammoins, à ce jour, inégalée.

Photo Cedric Dudieureze

6 comments

  1. je suis d’accord, on peut parler de maladie migraineuse.
    C’est vrai que les triptans ont bien changé notre vie mais le revers de la médaille, c’est que l’on arrive parfois à en prendre trop souvent. Pour ma part, si j’arrive à détecter le début de la crise assez tôt, j’utilise une poche de glace pendant 20 mn sur la zone sensible et j’évite alors le comprimé mais ça ne marche pas toujours. L’idéal serait quand même de trouver un traitement de fond efficace, mais……

  2. Effectivement le risque serait de tomber dans une sur-consommation. Néanmoins, je pense qu’il était important de rappeler que ce type de médicament existe et est généralement efficace en cas de crise migraineuse, il y a encore beaucoup de malades qui l’ignorent. Cependant, votre “mais suivi de pointillés” est justifié! Surtout quand on sait que pour certaines migraines dîtes “cataméniales”, le facteur hormonale a une grande part de responsabilité. Plus de 50% des femmes voient leurs migraines disparaître à partir du deuxième trimestre de grossesse! A ce demander pourquoi la recherche n’a pas encore creusé de ce côté là, n’est-ce pas? Les avis d’endocrinologues et de neurologues seraient d’ailleurs les bienvenus.

  3. je vous cite” a se demander pourquoi la recherche n’a ps encore creusé de ce côté-là (facteur hormonal)”
    je suis très partagée quant aux motivations du domaine de la recherche. Tout d’abord, c’est une maladie qui touche essentiellement les femmes ….!!
    Ensuite, cela ne fait pas mourir. Nous “faisons vivre” en quelque sorte les médecins et pharmaciens (cette remarque m’est propre et je l’assume).
    J’ai la malchance de subir d’autres pathologies invalidantes qui font soufffrir et pour lesquelles aucun remède n’est distribué en France. Il y a de quoi se poser des questions.

  4. Qu’en pensent les professionnels? Qui peut nous dire ce qui existe en matière de traitement à l’etranger par exemple?

  5. je suis une jeune femme de 22 ans hyper complexée par sa petite poitrine. Dans ma famille, les femmes ont en général un volume de poitrine non négligeable; il est vrai que ma mère en a moins que les autres mais beaucoup plus que moi; donc je ne pense pas que ça soit un problème héréditaire. Je voudrais savoir s’il est possible que je souffre d’une carence en hormones , ou que cela soit dû à des facteurs extérieurs? est-il possible de savoir si on était programmé pour avoir une grosse , moyenne ou petite poitrine?
    Je voulais savoir si je pouvais augmenter le volume de ma poitrine (environ d’un bonnet) par des traitements hormonaux? car je souffre énormément de ce complexe mais je ne veux pas passer par de la chirurgie, car pour moi , cela serait une forme de tricherie et par conséquent ça ne règlera pas le problème.
    Je vous remercie sincèrement de vouloir répondre à mon probleme.
    Cordialement

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